Comment écrire un bon livre et réussir sa carrière d’auteur à succès? Les 13 meilleurs conseils de Bernard Werber

Photo de Bernard Werber

Comment écrire un roman ou un scénario ? Comment être édité ? Quels sont les ingrédients miracles et indispensables à la réussite d’un auteur/scénariste ?

Bernard Werber répond à toutes ces questions.

On le voit partout en ce moment : dans les conférences TEDx, dans des vidéos d’ateliers d’écriture ou bien dans les rayons des librairies avec Sa Majesté des chats, son dernier livre. Aujourd’hui, j’ai réuni pour vous ses principaux conseils et astuces pour réussir et s’épanouir dans le métier d’écrivain.

Le nouveau livre de Bernard Werber, disponible ici

1- L’écriture doit avant tout être un plaisir

L’écriture est un plaisir. L’avantage d’écrire, c’est qu’on évite 25 ans de psychanalyse.

Bernard Werber

En effet, ça peut paraître banal, mais Bertrand Werber rappelle l’importance d’aller chercher en soi la petite étincelle intérieure.

Le « Moi Social », autrement dit le masque que l’on porte en société, nous fait souvent agir pour répondre aux besoins d’autrui, ou pour s’inscrire dans la normalité. La plupart du temps, nous sommes donc occupés à accomplir des actes qui ne reflètent pas notre vraie personnalité. L’écriture, en revanche, est un mode d’expression personnelle qui enrichit constamment l’auteur.

Bernard Werber, atteint d’une maladie très spéciale (S.P.A.), avoue ressentir lui-même une atténuation de ses crises lorsqu’il écrit. Il parle alors d’écritothérapie.

2 – Fixer des rendez-vous avec son manuscrit

Considérez votre projet, votre manuscrit, comme une personne à part entière, à qui vous avez des comptes à rendre. Cela vous forcera à avancer malgré la peur. Il est important de surmonter le blocage, ce petit Professeur de Français tapi en vous, qui vous murmure sans-cesse à l’oreille que ce que vous faîtes n’est pas bon, que ce n’est pas digne d’un auteur. Selon B. Werber, c’est là que réside l’importance de déboucher sur un premier jet authentique. Même s’il est imparfait au début, vous aurez au moins dépassé le premier obstacle, et donc laissé derrière vous des centaines d’autres personnes qui se sont arrêtées là.

3 – Être curieux, observer le monde dans son ensemble

Pour être certain de toucher au maximum le lecteur, un auteur doit impérativement s’instruire de ce qui l’entoure, s’en imprégner avec une authentique curiosité. Pour cela il faut donc sortir de chez soi, rencontrer des gens et s’intéresser réellement à eux. Ne pas hésiter à aller jusque dans l’interview pure et simple lorsqu’une personne a des choses à raconter. On peut aussi se demander à propos d’une personne :

  • Quel est son passé ?
  • Qu’est-ce qui l’a fait souffrir ?
  • Quel est son talent ?
  • Quelle est sa faiblesse ?
  • Vers quoi elle/il devrait évoluer ?

Toutes ces interrogations vous permettront de mieux apprivoiser les besoins et faiblesses de vos personnages par la suite, en vous inspirant de caractéristiques propres à des individus que vous connaissez ou que vous avez déjà rencontrés. D’où l’importance d’apprendre à aimer cette richesse que l’on distingue chez les autres. Souvenez vous donc de ceci : la curiosité est la première qualité d’un écrivain ! (Ou d’un scénariste, bien entendu !)

4 – Travailler la structure à l’avance, le squelette de l’histoire

Il faut un squelette à toute histoire. Ce que les Américains appellent « la montée dramatique » consiste à établir un plan pur et simple de votre narration, avant d’en écrire les premières lignes. De cette façon, vous mettez une sorte de filet de sécurité qui donnera un but à votre histoire et divers objectifs nécessaires à l’accomplissement de ce but. Si vous accumulez simplement les phrases, vous perdez le contrôle de l’attention et du suspense présents dans votre roman ou scénario.

Un exemple de structure qui marche beaucoup si vous voulez que votre livre se vende bien, est la structure du récit « Montecristo ». Selon Bernard Werber, le fait d’emprisonner un personnage innocent à la suite d’un coup monté, pour ensuite le faire s’évader et se venger de ceux qui lui ont tendu un piège est un concept très vendeur qui est sans-cesse revisité. Attention toutefois à rester original !

8 ingrédients sont ainsi nécessaires à une structure de qualité pour un récit :

  1. Un héros, qui a des problèmes, des besoins.
  2. De l’adversité, un ou plusieurs adversaires.
  3. Un méchant (à la différence de l’adversaire, ce peut être un élément, un évènement, une catastrophe, et pas seulement un autre être humain.)
  4. Une initiation, car tout roman est une initiation qui sert à réveiller un personnage.
  5. Des épreuves.
  6. Une quête.
  7. Un climax : terme qui désigne le point culminant d’un récit, où la tension est à son comble.
  8. La chute, le dénouement.

Le sujet de la structure d’une histoire, ainsi que ses étapes clés est un sujet très vaste, qui a fait l’objet de nombreuses études. Cela fera donc l’objet d’un prochain article !

5 – Ajouter les organes au squelette. Ce qui constitue l’intrigue.

Ce que Bernard Werber nomme « les organes » sont les coups de théâtre qui vont apporter une plus-value au récit. Ces scènes originales et parfois intenses induiront une intrigue de qualité et donneront envie au lecteur de tourner les pages au fur et à mesure qu’il lit. Il faut de l’audace, de la surprise. L’auteur doit toujours relancer l’intrigue, l’aggraver, l’augmenter et ajouter des sentiments, des enjeux. Beaucoup de fictions présentent les mêmes structures, alors autant faire la différence avec d’autres éléments !

6 – Ajouter le muscle. Penser « Cinéma ».

Le muscle n’est autre que la mise en scène. Vous avez déjà les étapes du squelette, les scènes qui constituent le récit et la chair, maintenant il vous faut trouver comment raconter tout cela. Ou comment se servir des mots comme d’un levier vers une mise en scène plus cinématographique. Là réside le secret de ceux qui savent narrer une histoire, en offrant des points de vue si bien décrits, qu’ils sont facilement adaptables au cinéma. Pensez-y donc la prochaine fois que vous écrirez, vous êtes peut-être le prochain Stephen King de cette génération ?

7 – Bien gérer le découpage en chapitres.

Bernard Werber propose d’assimiler les chapitres à des Nouvelles. Chaque chapitre doit donc avoir une situation initiale, un développement, et enfin une ouverture originale sur la suite. Cela permet d’apporter plus de structure à votre histoire, au même titre que des épisodes pour une série.

La fabuleuse histoire du dernier espoir de l’humanité.

8 – Ne pas franchir la limite du « foutage de gueule ».

C’est comme ça que Bernard Werber nomme le fait de rendre certaines étapes du récit trop faciles pour le héros. Si l’on recourt à l’intuition d’un personnage pour lui faire réussir une étape du premier coup, le lecteur a l’impression d’être pris pour plus naïf qu’il n’est. Il faut veiller à justifier chaque fait. Il faut chercher à frustrer le lecteur. Surprenez-le sur tout ce qu’il a pu prévoir. Ce n’est que comme ça que vous gagnerez son estime.

Qui n’a pas déjà rit aux éclats devant un film d’épouvante ultra-prévisible ? Et bien c’est la même chose ici ! J’imagine que vous ne souhaitez pas voir votre lecteur s’esclaffer dès les premières pages de votre polar ? 😉

9 – Un personnage intéressant transporte un paradoxe.

C’est à dire qu’il se présente en société d’une certaine manière, alors qu’il est en fait à l’exact opposé de ce qu’il croit ou prétend être. Bernard Werber fait ici allusion, à titre d’exemple, aux personnes de notre entourage qui se plaignent tout le temps, par exemple, mais qui ne souhaitent jamais qu’on leur vienne en aide. Il suggère dès lors de nous inspirer de notre entourage, ou de nos propres paradoxes, pour créer de bons personnages.

L’histoire est une sorte de laboratoire alchimique où tous les gens deviennent à la fin le contraire de ce qu’ils étaient au début.

L’histoire (et donc l’initiation des personnages principaux) est censée révéler ce que sont vraiment les gens.

Petite astuce en passant : profitez de ce phénomène pour en savoir plus sur la personne que vous êtes, c’est toujours agréable de se découvrir soi-même ! 🙂

10 – La caractérisation des personnages

Plus un personnage est différent des autres gens que l’on connait, plus il attire l’empathie et l’attachement. Il faut donc veiller à attribuer des caractéristiques propres à chaque personnage.

Une caractéristique importante est le langage. Chaque personnage devrait idéalement s’exprimer différemment, tout comme nous le faisons dans la vraie vie. Veiller à ce que l’expression orale d’un personnage au sein des dialogues soit propre à sa personnalité. Un bon exercice pour vérifier si la différence est perceptible, consiste à retirer d’un dialogue toutes les mentions du style « répondit Pierre » ou bien « conclut Mélanie ». Si malgré ces retraits le lecteur comprend bien qui dit quoi, c’est que vous vous approchez d’un certain réalisme de discussion. Vos personnages ont alors une âme.

11 – Ne pas avoir peur de recommencer à zéro !

Eh oui. On ne le dit jamais assez. Et dans ce cas, c’est Bernard Werber qui le dit !

Aujourd’hui, où tout est numérique, nous avons l’habitude de modifier des morceaux de textes, d’abuser des boutons couper/coller pour tailler ça et là une histoire et la remodeler à l’infini. On se retrouve alors avec une masse romanesque qui perd en qualité. C’est bien différent de ce que faisaient vraiment les écrivains il n’y a encore pas si longtemps. Il est parfois important, voire crucial, de redémarrer à zéro. Notre mémoire des évènements principaux va ainsi permettre d’élaguer le récit de ses éléments inutiles, et d’aller à l’essentiel de chaque scène. Plus de concision, une meilleure qualité d’écriture, tels sont les avantages qu’il y a à repartir d’une feuille blanche.

12 – L’importance d’une bonne chute, d’un bon dénouement.

Une chute, c’est une révélation, un choc. Un bon romancier la planifie à l’avance et se contente ensuite d’écrire ce qui la précède.

La chute doit être originale car le plaisir du lecteur y est étroitement lié. C’est la cerise sur le gâteau, le bouquet final.

13 – La vie du livre – Comment être édité ?

Bernard Werber insiste sur le besoin d’aller jusqu’au bout. La plupart des gens abandonnent en cours de route (Pas que dans l’écriture d’ailleurs, ça pourrait faire l’objet d’un bon article de développement personnel. L’importance d’aller au bout des choses.)

« L’horreur, c’est les gens qui vous font lire des moitiés de manuscrits en vous demandant ce que vous en pensez.« 

Tant que ce n’est pas fini, ne le montrez à personne. Trouvez simplement un lecteur de référence, une personne qui a un avis technique sur la question, qui ne se contentera pas de dire que c’est bien ou que ça ne lui parle pas trop, mais qui vous fera part de remarques pointues et pertinentes, au-delà de la simple appréciation.

Une fois le manuscrit terminé, envoyez-le au format papier à des maisons d’éditions qui ont l’habitude d’éditer des contenus similaires au vôtre. Laissez de l’espace dans le manuscrit. Des marges, des interlignes, afin de permettre d’éventuelles corrections de l’éditeur. Les éditeurs aiment sentir que vous n’êtes pas opposé(e)s à certaines révisions.

Privilégiez une police de base, du style Times New Roman, évitez toute fantaisie. Ce que vous trouvez beau et original peut sembler kitsch et affreux pour quelqu’un d’autre. Ne prenez donc pas le risque d’être mis de côté simplement à cause de la police de votre manuscrit.

Un roman se décide en général sur les sept premières pages, alors soignez le début. Le premier chapitre, la première page, la première ligne, le premier mot. Inspirez-vous des livres que vous aimez et voyez comment ils débutent.

Le premier livre de Bernard Werber. Découvrez l’univers fascinant des fourmis et des hommes dès maintenant !

Enfin, soyez humble, c’est important et ça plait aux éditeurs. Ils ne doivent pas penser que vous êtes persuadé(e) que votre livre est fini, clôturé et parfait comme ça. Tout le monde a besoin d’être corrigé et un éditeur est plus orienté vers le résultat, comme un producteur pour le cinéma. Soyez donc ouverts à certaines modifications, et montrez-le.

J’espère avoir pu éclairer votre lanterne. C’est un sujet vaste, qui fera l’objet de plusieurs articles, alors n’hésitez pas à parcourir ce blog pour trouver l’astuce qu’il vous faut. Si elle n’est pas encore présente et que vous avez une question, une objection ou autre, n’hésitez pas à me contacter par mail, via Facebook ou sur Instagram, je fais de mon mieux pour répondre à tout!

A très bientôt j’espère, dans le milieu des auteurs ! 🙂

Vous pouvez me suivre sur Instagram : tranchedelivre, si ce n’est déjà fait !

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